Kong-Kong, quand l’imagination éclaire la grisaille de la ville

Kong-Kong, quand l’imagination éclaire la grisaille de la ville

Vivre dans une grande ville toute grise et impersonnelle lorsque l’on est un enfant n’a rien de très réjouissant. Ce serait sans compter sur le pouvoir de l’imagination.


Lorsque les parents d’Abélard lui annoncent qu’ils vont déménager dans une tour, l’imagination du petit garçon s’emballe. Il se voit déjà devenir un preux et fier chevalier partant en croisade. Quelle n’est pas sa déception lorsqu’il comprend qu’au lieu d’une tour de château-fort, il s’agit d’une tour d’immeuble haute d’une centaine d’étages (et dont l’ascenseur est toujours en panne). La morosité et les habitudes d’Abélard se trouvent rapidement bouleversées quand il rencontre Héloïse, qui vit juste en dessous de chez lui.

Réalisée à deux mains par Yann Autret (scénario) et Vincent Villeminot (scénario et dessins), cette bande-dessinée est un petit bijou de poésie. Derrière l’histoire d’amour faussement naïve d’Abélard et d’Héloïse (si je vous ai spoilé, je suis au regret de vous informer que vous devriez réviser vos classiques), il s’agit d’une ode au pouvoir de l’imagination face au béton de la ville. Le fait que les dessins ne soient pas enfermés dans des cases renforce cette idée d’onirisme et d’échappée belle.

À destination d’un public jeunesse, le style faussement naïf des dessins ne doit pas pour autant faire oublier qu’il s’agit d’un livre à double sens, dont la profondeur pourrait échapper aux jeunes lecteurs. Il me paraît donc utile de revenir avec eux sur ce qu’ils ont compris et ce qu’ils pensent de cette histoire. En plus de cela, c’est un très bon exercice de reformulation et de développement de l’esprit critique.

En résumé, Kong-Kong, le singe sur le toit est une très belle bédé qui fait rêver et pousse à se questionner sur l’absurdité du mode de vie citadin. Mention spéciale aux personnages d’Abélard et d’Héloïse qui cassent les stéréotypes liés aux genres.

Kong-Kong, le singe sur le toit est disponible chez Casterman au prix de 14,95€.

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