Respirez ! MétaDoc vous explique tout sur la MSP (partie 1)

Bonjour à tous !

Lorsque j’étais plus jeune, il m’arrivait souvent de me lancer dans des projets démesurés (devenir Prix Nobel de littérature, concevoir un jeu de plateau sur les mondes sous-marins… oui, j’avais et j’ai encore beaucoup d’imagination). Ma grand’tante Sybil me disait alors : « No one is bound to do the impossible » (trad. : à l’impossible nul n’est tenu).

Rédiger un article sur la MSP (Mise en Situation Professionnelle) m’a un peu (beaucoup) donné l’impression de me lancer dans une mission impossible. Décrire les objectifs, les attentes du jury et la méthodologie de cette épreuve en un seul article a été la chose la plus compliquée que j’ai eue à faire. Voilà pourquoi vous aurez le droit à DEUX articles.

Ce premier article vous explique tout ce qui vous attend durant cette épreuve (du feu). Le second article me permettra de vous détailler un exemple de sujet pour vraiment comprendre le pourquoi du comment.

Respirez un grand coup, ça va bien se passer.

 

L’épreuve de mise en situation professionnelle se compose de deux volets :

  1. L’élaboration d’une séquence pédagogique d’info-documentation nécessitant l’exploitation de ressources documentaires.
  2. La réalisation d’une bibliographie d’appui (les fameuses ressources documentaires d’au-dessus) et l’analyse documentaire (catalogage et indexation) de deux documents extraits de cette bibliographie.

La durée totale de l’épreuve est de 3h. Vous aurez 2h pour la préparer, puis 1h d’oral (dont 20 minutes maximum d’exposé).

 

L’objectif de cette épreuve consiste à évaluer vos compétences professionnelles en pédagogie et en documentation. Ces dernières seront mises en avant dans les différentes productions que vous devrez faire :

  • Une séquence pédagogique d’info-documentation,
  • Une bibliographie normalisée APA de documents physiques et numériques,
  • Un traitement documentaire de deux documents,
  • Une présentation de type Power Point,
  • Un exposé de 20 minutes.

À la vue de tout ce qui est attendu de vous, cette épreuve nécessite une démarche méthodique afin de ne faire aucune impasse. Ces dernières sont lourdement pénalisées. Ne négligez donc pas votre traitement documentaire !

 

La séquence pédagogique

Une séquence pédagogique est un ensemble de séances, réparties dans le temps, afin d’atteindre un objectif pédagogique. Pour faire simple, lorsque les élèves de 6ème viennent 1h au CDI pour découvrir cet espace, on parle de séance. Par contre, si cette séance est inscrite dans un ensemble de séances dont le but est de les rendre autonomes au CDI (classement, utilisation d’Esidoc, etc.), on parlera alors de séquence.

Pour le capes documentation, votre séquence devra proposer un nombre de séances réalistes. Dans la pratique professionnelle, il est rare de pouvoir faire une séquence de plus de 2 séances (quand vous en faites 3, c’est limite champagne). Aussi, tenez compte de l’impératif des programmes et des échéances dues au calendrier scolaire pour les enseignants de disciplines (peut-on proposer un projet qui nécessite 10 séances et donc autant de temps en moins pour un(e) enseignant(e) ?). De même, en faisant court, vous gagnerez du temps pour faire le reste du travail ! Time is money… ou presque.

Le sujet de cette épreuve comporte nécessairement une collaboration. Vous êtes sollicité(e) en qualité de professeur(e) documentaliste par un(e) enseignant(e) de discipline pour X raisons pédagogiques. En consultant le BOEN (Bulletin officiel de l’Éducation National qui paraît tous les mercredis) mis en référence dans le sujet, aux programmes de la discipline concernée, ainsi qu’au PACIFI, qu’aux différents programmes de l’EMI (même en lycée, vous pouvez vous en servir comme aide) et qu’au wikinotion, vous pourrez prendre la pleine mesure de cette demande et de vos différents points d’ancrage (à quel moment vous, entant que professeur(e) documentaliste, allez pouvoir intervenir ? Quels sont vos objectifs info-documentaires ?).

L’écueil principal (en plus de passer à côté du sujet) est de proposer une séquence centrée sur les objectifs disciplinaires sans aucun aspect info-doc. Une séquence est bonne lorsque l’on voit exactement où le professeur documentaliste se situe. Il n’est pas forcément nécessaire qu’il intervienne à toutes les séances, mais il doit en avoir au moins une clairement identifiable. C’est sur celle-là que vous devrez mettre le paquet (objectifs info-doc, détaille du déroulement, ressources documentaires exploitées, etc.).

 

Un corpus numérique et une bibliographie

Toute séquence ou séance nécessite le recours à des documents.

Pour votre bibliographie, vous intégrerez tous les documents utiles à la conception de votre séquence (BOEN, programmes, etc.). Votre bibliographie n’a pas besoin d’être exhaustive, mais devra au moins comporter une dizaine de références présentées selon la norme APA.

Il est à remarquer que sur le poste informatique qui sera mis à votre disposition, figure un portail esidoc. Vous êtes en situation profession, pourquoi ne pas le consulter pour voir les ressources dont dispose votre CDI ? Et ainsi les intégrer à votre bibliographie ? Et voilà, comment avoir rapidement votre bibliographie.

N’oubliez pas que vous devez être capable de justifier le choix de tous les documents que vous ferez apparaître dans votre bibliographie. Je cite le rapport du jury de 2014 :

« Justifier vos choix en fonction de l’intérêt pédagogique et de l’accès à l’information qu’autorise le document sélectionné́. Tel article du journal Le Monde peut être pertinent pour le sujet traité mais est-il adapté à des élèves de 6e ? »

Le traitement documentaire

Il s’agit de cataloguer sur BCDI ou PMB deux documents de votre corpus bibliographique. Le mieux est de prendre des documents exploités avec les élèves durant la séquence (vidéo, article, page web, livre, etc.).

Que vous choisissiez PMB ou BCDI, vous devez être capable de justifier votre choix. Évitez le « c’est celui que j’ai utilisé en stage » ou le lapidaire « tout le monde l’utilise ». Si vous êtes prof-doc, vous prendriez quoi et pourquoi ? Préparez votre argumentaire au cas où (je n’ai pas eu cette question, mais elle tombe de temps à autre).

 

Une présentation

Vous aurez à votre disposition un vidéoprojecteur pour projeter votre présentation et tout document utile. Il ne vous est pas demandé de faire du grand art, mais de projeter un fil conducteur à votre exposé.

Si les jury n’indiquent rien sur l’outil à utiliser, je vous invite à recourir aux classiques : Power Point ou son équivalent Open Office. S’essayer à des Prezy ou autres applications en ligne n’est pas interdit, mais il faut anticiper toutes les pannes possibles ! Vous aurez zéro excuse si vous ne pouvez rien projeter.

Quel que soit l’outil que vous utilisez assurer vous de pouvoir faire une copie de secours de votre présentation au format PDF… bien utile quand les logiciels sont capricieux (même Power Point peut l’être).

 

Un exposé

Que dire de plus à part qu’il s’agit d’un oral structuré. Comme tout travail organisé, il devra contenir :

  • Une introduction : reformulation du sujet,
  • Une problématique : enjeu(x) info-documentaire du sujet,
  • Une annonce de plan,
  • Un développement : votre séquence, votre bibliographie, votre traitement documentaire,
  • Une conclusion.

Pour votre exposé, vous aurez 20 minutes avec une marge de 1 à 2 minutes (entre 18-22minutes d’exposé). Pas une de plus, pas une de moins. Je vous invite à vous exercer à faire votre exposé. Prenez un sujet, faites-le en condition. Vous pourrez prendre la mesure du temps (20 minutes, c’est long ou c’est court ?) et de votre débit de parole (Parlez-vous vite ou lentement ? Et en situation de stress ?). En effet, il est important de faire 20 minutes ! Au-delà, les jurys vous arrêteront.

 

Pour cette épreuve, le rapport des jurys 2017 met en avant les qualités de communication que doivent avoir les candidats. Cette épreuve est un exercice démontrant votre capacité à transmettre oralement des savoirs. Le rapport 2017 n’énonçant pas les attendus généraux, je me suis reporté sur celui de la session 2016. Voici ce que j’en ai tiré

  • Sur la présentation : être correctement habillé et utiliser un niveau de langage adapté.
  • Sur la structuration de l’exposé : veillez à organiser clairement votre présentation, à rappeler le sujet, énoncer clairement la problématique, le plan, etc.
  • Sur la présentation projetée : vous devrez réaliser une présentation sur le support de votre choix (diaporama, prezi, etc.). Cette présentation vient en renfort de votre exposé. En aucun cas, il ne s’agit de projeter l’intégralité de vos propos. Il est recommandé de faire attention à l’orthographe.
  • Sur la pédagogie et la stratégie éducative : restez réaliste sur votre séquence tant dans sa faisabilité, que dans le nombre de séances qu’elle inclut.
  • Sur le lexique : pour l’énoncé du sujet, comme pour le développement de l’exposé, vous devrez expliciter tous les termes importants et techniques.

Attention ! Le rapport 2016 pointe le fait que :

Les candidats ont trop souvent tendance à se positionner comme uniquement détenteurs de connaissances manipulatoires dans le domaine du numérique sans les articuler avec les notions ou concepts des sciences de l’information et de la communication et ont du mal à se projeter dans les situations proposées.

Oui, d’autres enseignants sont tout autant compétent (technologie, histoire-géo, sciences, etc.). Notre spécificité réside dans les notions et concepts en SIC.

 

J’espère qu’après cette lecture vous allez bien.
Personnellement, ma tête a fait ça en rédigeant cet article.

 

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7 pensées sur “Respirez ! MétaDoc vous explique tout sur la MSP (partie 1)

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  • 31 mai 2018 à 9 h 38 min
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    Merci pour cet article super précieux (et pour tous les autres !) Petite question.. Le Pacifi, c’est encore d’actualité ? On m’a déconseillé de l’utiliser, mais de plutôt se référer à PIX (encore en version beta).

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    • 31 mai 2018 à 10 h 15 min
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      Alors, je vais faire une distinction: le PACIFI porte sur des compétences info-doc et le PIX sur des compétences liées au numérique (où on peut trouver de l’info-doc). Le PIX tend à remplacer le B2I. Pour le PACIFI, il est un peu laissé de côté depuis la création d’un programme EMI pour le 4ème cycle (en projet pour le 3ème cycle), mais reste un excellent support de travail. Il faut bien faire la distinction entre ces deux choses: PACIFI/EMI vs. B2I/PIX.
      Comme tu le soulignes, le PIX est en version Beta, c’est-à-dire en test. Il est dit mis en place depuis la rentrée 2017 et remplace donc le B2I. Pourtant, bon nombre d’enseignants ne le connaissent même pas encore.
      Donc attention à ne pas confondre deux choses bien différentes.

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      • 14 juin 2018 à 20 h 20 min
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        Bonjour,

        Puisque le PIX est en version bêta et que, comme vous le soulignez, certains enseignants ne le connaissent même pas, doit-on utiliser comme référentiel : le B2i ou le PIX ? Ou a-t-on le choix entre les deux ?

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        • 14 juin 2018 à 21 h 56 min
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          C’est un peut le truc qui m’embête. Justement à l’oral l’année dernière, je me suis fait reprendre sur le PIX (je parlais du B2I). Et cette année en formation, une personne m’a repris sur le PIX en faisant référence à sa version bêta… et cette personne est membre du jury. Donc, je dirais que mentionner les deux est peut-être un moyen de couvrir ses arrières.
          Je n’ai pas vraiment d’avis tranché là-dessus

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  • 30 mai 2018 à 21 h 57 min
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    Hâte d’avoir la partie 2. C’est vraiment bien expliqué, vous faites vraiment un bon boulot. Encore merci Metadoc 😉

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